Nous sommes en pleine période de restriction cognitive. Le virus n’est pas contagieux mais attention il s’attrape très facilement!

Pour vous protéger je vous en décris les symptômes. Et si vous êtes déjà tombé(e) malade… Ne vous en faites pas, la restriction cognitive, ça se guérit!

 

Restriction cognitive :  les régimes nous font plonger.

Si seulement c’était pour plonger cet été avec la silhouette qui fait que nous nous sentons bien dans notre tête. Mais non… La restriction cognitive est sournoise. En ce mois de janvier, elle s’invite dans la tête de tout ceux et celles qui souhaitent perdre du poids. C’est la période propice.

D’abord car nous venons de traverser un intervalle festif où le plaisir de la table et le partage est important. Ensuite car qui dit nouvelle année, dit bonnes résolutions. Et là, se débarrasser de ses kilos arrive souvent dans le top office.

 

– » Là c’est bon, plus d’apéro j’ai suffisamment fait d’excès »

–  » Cette semaine c’est soupe de légumes tous les soirs »

– » J’ai faim…mais je vais pas me goinfrer alors que je sors de la salle de sport »

– » Et si je mangeais moins? »

–  » Allez dernier excès, j’en profite un max après c’est fini, promis. »

Ces symptômes vous parlent? Ils proviennent de l’idée que pour maigrir il faut se mettre au régime. Autrement dit exercer un contrôle sur son alimentation.
Ce contrôle c’est ce que l’on appelle la restriction cognitive. Et vous allez le voir, l’issue de cet état d’esprit n’est pas celle que vous souhaitez.

Le piège de la restriction cognitive

Dès lors que l’on souhaite perdre du poids, on pense régime. Et là, nous sommes servis. Des méthodes il en existe pleins. D’ailleurs souvent nous en essayons autant qu’il en existe.

Et j’ai envie de dire, pas étonnant tout ça. Car concrètement avez-vous déjà vu une publicité vous dire

« Pour perdre du poids et retrouver la ligne mangez normalement! »
On est d’accord que non.

Depuis toujours on nous lance le message que pour perdre du poids on doit s’approprier une alimentation particulière. Et à chaque fois, cela se traduit par un contrôle de nos prises alimentaires. Alors bien sûr cela va dépendre du régime pour lequel vous penchez. Moins de sucres, moins de graisses, à base de soupe, avec des compléments, manger le fruit en entrée et pas en dessert…

Dans ce climat de surinformation, rajoutez le fait que peu de personnes savent ce que signifie manger normalement. Alors oui, il y a les recommandations nutritionnelles que nous avons tous plus ou moins en tête. Puis, de vous même, vous êtes capable de savoir si tel ou tel aliment est plutôt bon pour la santé ou pas.

Toutefois, le problème se trouve ailleurs. Il se cache dans le rapport que nous entretenons avec notre alimentation, avec notre corps et nos émotions. C’est comme si on vous mettait, pour la première fois, toutes les pièces d’un énorme puzzle dans les mains sans vous dire quoi en faire. En alimentation c’est pareil. En effet, vous avez les infos, mais vous n’arrivez pas à vous les approprier. Et cela pour plusieurs raisons :

  • Il n’y a pas de notice pour bien manger en pratique. Ce qui vous convient ne conviendra pas forcément à quelqu’un d’autre. Vous êtes unique, l’alimentation qui vous convient l’est aussi
  • Vous avez des croyances en nutrition qui se sont construites au fur et à mesure de votre vie. Ces croyances peuvent être érronées et vous pouvez avoir du mal à vous en défaire
  • Vous êtes perdus dans vos sensations alimentaires. Faim, envie, satiété… Ces sensations qui diffèrent d’un jour à l’autre rendant difficile toute régularité dans votre façon de manger

Personne ne nous apprend vraiment comment prendre soin de soi au travers de son alimentation. Le rapport que l’on entretient avec la nourriture se forge sur l’éducation nutritionnelle que l’on a reçue, ce que l’on entend, l’importance que l’on y accorde. Sans oublier les émotions. Celles là même qui peuvent trouver leur traitement dans l’action de manger.

Maigrir vite

Nous y voilà. Dans un brouillard médiatique sur les méthodes pour perdre du poids rapidement,vous décidez de vous y mettre et contrôlez votre alimentation.

Dans un premier temps vous allez supprimer certains aliments que vous considérez comme « interdits ». Puis ensuite ignorer votre faim et manger moins que vos besoins. A ce stade vous ne vous écoutez plus ou encore moins qu’avant. Une certaine déconnection se crée entre ce que vous dit votre corps et ce que vous vous infligez mentalement. Seulement cet hypercontrôle ne tient qu’un temps.

Au début du régime vous contrôlez votre alimentation et vous en avez conscience.

Au bout d’un certain temps, vous ne percevez plus les signaux que vous envoie votre corps. Les sensations alimentaires sont brouillées. Votre comportement alimentaire est donc maintenant sous le contrôle de processus cognitifs et sous le coude de vos émotions.

Puis, une raison fait que vous avez très très envie d’un aliment « interdit ». (Sortie entre amis, petite déprime passagère, évènement marquant…).

De manière inconsciente, vous allez aborder un comportement vous poussant à manger au delà de votre faim:

  • Soit à y être, vous relâchez votre contrôle et laissez venir l’excès en profitant un maximum. Et puis c’est la dernière fois.
  • Soit vous vous dirigez vers un aliment « sain » pour faire passer l’envie (Yaourt nature, fruit) mais malheureusement elle est toujours présente et vous finissez par craquer.

Dans les deux cas vous allez finalement manger plus que si vous vous étiez simplement faits plaisir dès le départ. Maintenant place à la culpabilité, au sentiment d’échec. Vous êtes prêt(e)s pour entrer à nouveau dans une nouvelle phase de restriction cognitive. L’alternance de ces deux phases est sans fin. Jusqu’à ce que finalement vous abandonniez votre régime. Pas plus avancé qu’avant celui-ci. Si ce n’est conforté dans l’idée que vous ne pouvez pas maigrir. Ou que vous n’en êtes pas capable.

Restriction cognitive : comment faire?

Maintenant que vous avez ciblé ce qu’entrainent les régimes sur le plan cognitif, voyons comment apporter un peu de légèreté dans votre rapport à l’alimentation.

Car c’est un peu ça la solution. Prendre du recul, et observer toutes ces fois où vous ne mangez pas normalement. Ou comme vous auriez envie de le faire. Essayer de ne plus se restreindre et assouvir ses besoins. Vous allez me dire « Houla mais si je fais ça je vais manger n’importe quoi! Je vais forcément grossir! Et puis il faut manger équilibré non? »

C’est vrai que dans l’idéal (pour sa ligne mais aussi pour sa santé) il faudrait manger le plus équilibré possible au quotidien. Avoir une régularité dans ses prises alimentaires avec généralement trois repas par jour. Toutes ces recommandations nutritionnelles sont justifiées. En revanche elles fonctionnent pour les personnes qui n’ont pas de problème avec leur comportement alimentaire. C’est pourquoi Il faut donc d’abord aborder votre rapport à l’alimentation avant de vouloir la modifier.

  • Prendre le temps d’observer ses sensations
  • Identifier les cercles vicieux dans lesquels on se trouve
  • Ne pas placer la perte de poids en haut de la pyramide des objectifs

 Vous l’avez compris il s’agit d’un lâcher prise. Mettez de côté votre envie de maigrir. Je sais que cela peut paraître compliqué mais il est nécessaire de sortir de cette restriction cognitive pour pouvoir progresser. On ne cherche pas le résultat, mais la progression. La perte de poids viendra après.

Dans un premier temps, il faut connaitre les tenants et les aboutissants. Pourquoi vouloir perdre du poids? Comment voyez-vous votre corps? Êtes-vous certains(es) qu’avec des kilos en moins vous allez plus vous aimer? A quoi tiennent vos croyances en alimentation? Sont-elles vraiment justifiées? A quels moments perdez-vous le contrôle sur vos prises alimentaires? Pour quelles raisons ou dans quelles conditions?

Cette démarche consiste à comprendre ce qui vous a entrainé vers la restriction cognitive. Dans le même temps, écoutez vos sensations alimentaires. En effet il sera peut être nécessaire de réapprendre à distinguer la faim, l’envie, voire même le besoin d’hydratation. Puis assimiler vos sensations à vos prises alimentaires. Que se passe t’il? Vous avez faim, vous mangez? Même s’il n’est que 14h? Avec ou sans culpabilité?
Ou avez-vous ce réflexe de supporter les gargouillements de votre estomac jusqu’à une heure qui vous semble raisonnable?

Positionnez vous en observateur. A l’écoute et sans jugement. Ce questionnement intérieur vous permettra de vous situer face à votre alimentation. Et peut vous apporter des premières pistes sur lesquelles vous pourriez progresser.

Vous ne contrôlez plus votre alimentation mais travaillez à l’amélioration de votre bien être.

Enfin, si cette exploration de votre comportement alimentaire raisonne en vous, je vous encourage à noter tout ce qui vous vient en tête. C’est bien connu, l’écriture libère l’esprit.

Dans un prochain article je ferai le lien entre la restriction cognitive et l’alimentation équilibrée.

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Céline Mainero
Diététicienne nutritionniste

Coaching nutritionnel
Perte de poids | Remise en forme

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