Etes-vous grossophobe?

Grossophobe, grossophobie voilà des termes qui ne sont pas nouveaux mais qui se font progressivement une place dans la société. Car oui nous sommes bien en face d’un problème sociétal qui concerne tout le monde. Professions médicales et paramédicales, enseignants, recruteurs, familles et amis. Tout être qui, à un moment donné, est susceptible de se rendre coupable de préjugés.

Le terme de grossophobie est décrit pour la première fois en français en 1994 dans le livre « coup de gueule contre la grossophobie« . Puis plus récemment un autre ouvrage « On ne naît pas grosse », parut en 2017, relance le concept de la grossophobie en France. Ce n’est que depuis 2019 que ce terme entre dans le dictionnaire Le Robert.

Moi grossophobe?

J’ai rien contre les gros!

Gros, surpoids, obèse, par la force des choses j’emploie souvent ces mots. Mais pour moi ce ne sont pas des gros mots. Derrière chacun d’eux j’y place du respect, de la bienveillance, de l’empathie et de l’écoute. Je les emploie sans aucune arrière pensée. C’est pourquoi ces termes ne me posent aucun problème. Enfin ils ne m’en posent plus. J’ai été, moi aussi, et sans le savoir, grossophobe. Je l’ai été dans mes pensées. Et pourtant je n’avais sincèrement pas l’impression de penser en mal.

La grossophobie naît dans les préjugés que nous portons auprès des personnes obèse

Les préjugés au quotidien

Nous avons tous une référence à partir de laquelle on estime que visuellement une personne est en surpoids. Être grossophobe signifie avoir une attitude, un comportement, des paroles discriminantes à l’encontre des personnes que nous trouvons grosses.

Un regard accusateur envers ce gros qui ose manger un hamburger. Un soupir d’impatience envers cette femme qui pourrait bouger son gros cul. Un dégoût pour la personne obèse qui vient de s’asseoir juste à côté de nous, avec peut être ce petit geste de recul pour laisser un peu plus d’espace entre elle et nos préjugés.

Voici, parmi tant d’autres, des situations où par réflexe nous pouvons nous comporter en véritable monstre de grossophobie. Ce réflexe, nous l’avons acquis en grandissant et finalement on pourrait presque considérer que c’est une chance d’être grossophobe. Et bien oui! Outre l’aspect moral, cela veut dire:

  • Que vous ne souffrez pas d’obésité ou de surpoids
  • Que vous ne vous êtes pas perdus dans l’immensité des régimes toute votre vie
  • Que vous avez trouvé un mécanisme pour combler autrement que par la nourriture un traumatisme enfoui
  • Qu’aucune maladie ou traitement médical ne vous a fait prendre de manière incontrôlée du poids
  • Que votre métabolisme, votre système immunitaire ou votre flore intestinale remplissent leur fonctions
  • Que vos cellules adipeuses n’ont pas emprunté la voie de l’hyperplasie ou de la fibrose
  • Et enfin que la génétique vous a accordée sa bonne étoile

 

L’empathie un remède contre la grossophobie

L'empathie permet de tenir compte des émotions des autres et peut permettre de lutter contre la grossophobie

Extrait du livre « L’intelligence émotionnelle » de Daniel Goleman

L’empathie est un outil merveilleux. Et je pense qu’il manque énormément dans notre société actuelle. Nous vivons de plus en plus centrés sur nos obligations et nos désirs et oublions de développer notre empathie. Pourtant celle-ci est autant importante pour nous même que pour les autres.

Alors l’espace d’un instant, vous pouvez vous imaginer dans la peau d’une personne obèse.

Visualisez-vous avec un autre corps qui très certainement ne vous attire pas. Imaginez vos bourrelets. Ressentez ce poids qui pèse physiquement et psychologiquement. Imaginez-vous prisonnier(e), sans aucune solution viable pour vous libérer. Observez les émotions qui vous décrivent dans cette situation. Puis le regard que vous vous portez. Vous êtes de l’autre côté. Du côté où personne n’aimerait se trouver. Ayez ce courage de laisser votre empathie s’exprimer pour pouvoir changer votre regard sur les causes du surpoids et de l’obésité.

Oui cette personne qui aurait 20 kilos à perdre mange des frites… Mais peut-être a t’elle déjà tenté multiples prises en charge et qu’aujourd’hui elle s’abandonne. Ou peut-être a t-elle une alimentation plus saine que la plupart d’entre nous et que ces frites sont un petit plaisir ponctuel qu’elle s’accorde…

 Oui cette personne mange généreusement, plus que ce qu’il ne faudrait. Mais peut-être qu’en rentrant chez elle, elle se fera vomir prise de honte et de culpabilité. Son trouble du comportement alimentaire se chargeant de contrôler sa vie.

On ne peut savoir ce qui a conduit quelqu’un à être obèse. Mais on peut facilement réflechir à l’impact des mots douloureux, de l’attitude grossophobe que nous nous appretons à avoir.

Se libérer de ses préjugés

Si vous en êtes arrivés jusque ici dans la lecture de cet article, j’éspère avoir engagé chez vous une remise en question des préjugés que vous pourriez avoir. Ceux que vous portez en vous, ceux que vous avez déjà libéré auprès des personnes que vous cotoyez. Très certainement dans un élan maladroit de bienveillance.

Ce n’est pas entièrement de votre faute. Vos préjugés se sont construits au travers de votre éducation, de ce que la société nous renvoie, de vos expériences. A présent vous êtes une personne avertie, vous savez que le surpoids ou l’obésité ne se règle que très rarement en adoptant une bonne hygiène de vie. Vous savez que beaucoup d’informations vous échappent.

J’ai à présent semé un petit cailloux de bienveillance et je vous ai peut être appris certaine choses sur le plan théorique. Mais il n’en est rien sur le plan émmotionnel. La mise en pratique de votre nouveau regard sur la grossophobie ne dépend que de vous. De votre conscience.

A tous les grossophobes

Ces derniers mots sont pour vous

 Vous les médecins qui ne voyez comme problème médical que le poids de vos patients lorsqu’ils sont obèses. Savez-vous que vous pouvez par la même occasion faire une erreur de diagnostic?

Vous, mes collègues, qui face à un manque de résultat, dites à la personne en face de vous qu’elle ne fait pas assez d’efforts. Sachez que ce n’est ni de votre faute ni de la sienne. Il est des situations où malheureusement la perte de poids est impossible.

Vous, les professions paramédicales, qui parfois avez du mal à comprendre. L’énervement que vous nourrissez à leur égard se ressent. Les personnes qui souffrent d’obésité sont bien souvent hypersensibles.

Vous, l’employeur qui perdait très certainement une chance d’employer au sein de votre entreprise une personne sensible, battante, motivée avec une force de caractère pour avancer dans la vie malgré le poids qu’elle porte sur ses épaules quotidiennement.

Vous, l’enseignant à mille lieux d’imaginer que peut-être cet enfant un peu gros aura du mal à suivre votre cours de sport. Ou sera marqué à vie par les regards moqueurs de ses camarades, braqués sur lui, lors d’un exposé devant toute la classe.

Vous, la maman ou le papa désarmé face au surpoids de votre enfant. Inquiet pour sa santé future ou son avenir. Ne vous concentrez pas sur le poids de votre enfant. Recherchez en la cause, faites en sorte que votre enfant ait confiance en lui malgré tout. Cela peut être douloureux à entendre mais on peut aimer son enfant plus que tout et faire preuve de grossophobie. Il suffit de quelques mot, d’un regard déplacé. Entourez-vous de bons professionnels et ne restez pas seuls. Acceptez de l’aide. Le poids de votre enfant ne fait pas de vous de mauvais parents.

Enfin, vous, l’inconnu dans la rue, au restaurant, devant les portes de l’école, dans l’avion… Dites vous que ça pourrait être vous. Plutôt que vos préjugés laissez parler vos émotions.

Etre grossophobe signifie avoir des pensées discriminantes envers une personne en surpoids ou obèse

Quelques liens :

La ligue contre l’Obésité

G.R.O.S  Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids

Le réseau REPOPP dépendant de votre région

 

Céline Mainero
Diététicienne nutritionniste
Bagnols sur Cèze

Besoin d’un conseil ?

Et puis vous qui êtes ici et victimes de grossophobie. Je ne sais pas ce que c’est que d’être gros ou grosse, j’ai la chance de n’avoir jamais eu de problème de poids.

Mais je sais ce qu’est la discrimination. Je connais le rejet et ses conséquences. Je traine des boulets qui sont les miens et qui font qu’aujourd’hui, au quotidien, j’essaie de progresser et de me convaincre que chaque sentiment de rejet que j’ai pu ressentir et inscrire en moi ne reflète pas qui je suis ou ce que je vaut vraiment.

Il en est de même pour vous. Vous n’êtes pas votre poids. Vous n’êtes pas le reflet du rejet que vous renvoient les gens ou la société.

Je vous invite à progresser vous aussi en travaillant sur vos forces parce que vous en avez forcément beaucoup!

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